Relier un nom de domaine à votre VPS (enregistrements DNS)
Votre VPS a une adresse IP, mais vos visiteurs veulent un vrai nom de domaine. Voici comment configurer vos enregistrements DNS pour relier les deux proprement.
À quoi sert le DNS ?
Relier un domaine à un VPS consiste à configurer le DNS pour que votre nom, par exemple exemple.fr, renvoie vers l’adresse IP publique du serveur. Les visiteurs peuvent alors utiliser une adresse lisible au lieu de saisir directement une suite de chiffres.
Le DNS fonctionne comme un annuaire distribué :
exemple.fr
↓
Recherche DNS
↓
192.0.2.10
↓
Votre VPS
La zone DNS se gère généralement depuis :
- le registrar auprès duquel le domaine a été acheté ;
- un hébergeur DNS distinct ;
- un service auquel les serveurs de noms du domaine ont été délégués.
Le registrar et l’hébergeur DNS ne sont pas toujours la même entreprise. Avant de modifier un enregistrement, vérifiez quels serveurs de noms sont actuellement autoritaires pour votre domaine.
L’interface varie selon le fournisseur, mais vous retrouverez généralement les champs suivants :
| Champ | Signification |
|---|---|
| Type | A, AAAA, CNAME, MX, TXT… |
| Nom ou hôte | @, www, app, api… |
| Valeur ou cible | Adresse IP ou autre nom de domaine |
| TTL | Durée de mise en cache de la réponse |
Modifier une zone qui n’est pas utilisée par les serveurs de noms du domaine n’aura aucun effet. Vérifiez toujours où la zone DNS active est réellement administrée.
Comprendre les enregistrements DNS essentiels
Pour relier un domaine à un VPS, vous utiliserez principalement les enregistrements A, AAAA et CNAME.
| Type | Fonction | Exemple |
|---|---|---|
| A | Associe un nom à une adresse IPv4 | exemple.fr → 192.0.2.10 |
| AAAA | Associe un nom à une adresse IPv6 | exemple.fr → 2001:db8::10 |
| CNAME | Crée un alias vers un autre nom | www.exemple.fr → exemple.fr |
| MX | Indique les serveurs qui reçoivent les e-mails | Messagerie du domaine |
| TXT | Stocke du texte de vérification ou de politique | SPF, DKIM, validation de service |
Un enregistrement A est utilisé lorsque votre VPS possède une adresse IPv4.
Un enregistrement AAAA doit être ajouté uniquement si votre VPS dispose réellement d’une adresse IPv6 correctement configurée. Ne créez pas un AAAA approximatif ou inutilisable : certains visiteurs pourraient tenter d’utiliser cette route et ne pas atteindre votre service.
Un CNAME ne pointe pas directement vers une adresse IP. Il pointe vers un autre nom de domaine :
www.exemple.fr → exemple.fr
Un même nom ne doit généralement pas posséder simultanément un CNAME et des enregistrements A ou AAAA. Choisissez donc une seule logique pour chaque hôte.
Relier un domaine à un VPS avec un enregistrement A
Récupérez d’abord l’adresse IPv4 publique du VPS dans votre espace client.
Prenons cet exemple fictif :
Domaine : exemple.fr
IPv4 du VPS : 192.0.2.10
Dans la zone DNS, créez un premier enregistrement pour le domaine racine :
| Type | Nom | Valeur |
|---|---|---|
| A | @ | 192.0.2.10 |
Le symbole @ représente généralement le domaine racine :
exemple.fr
Certaines interfaces demandent de laisser le champ vide ou d’écrire directement le domaine. Suivez la convention affichée par votre gestionnaire DNS.
Pour rendre également www.exemple.fr accessible, vous pouvez créer un deuxième enregistrement A :
| Type | Nom | Valeur |
|---|---|---|
| A | www | 192.0.2.10 |
La zone contient alors :
@ A 192.0.2.10
www A 192.0.2.10
Une autre méthode consiste à utiliser un CNAME pour www :
www CNAME exemple.fr
Les deux approches sont possibles. Le CNAME évite de modifier deux adresses si l’IP du domaine racine change plus tard.
Supprimez ou modifiez les anciens enregistrements qui pointent vers un autre hébergement. Plusieurs enregistrements A pour le même nom peuvent être valides dans certains montages, mais ils répartiront les réponses entre plusieurs adresses. N’en conservez pas plusieurs par accident.
Les adresses
192.0.2.10et2001:db8::10utilisées ici sont uniquement des exemples. Remplacez-les par les véritables adresses de votre VPS.
Ajouter des sous-domaines
Un sous-domaine permet de publier plusieurs services avec un même domaine :
app.exemple.fr
api.exemple.fr
panel.exemple.fr
status.exemple.fr
Pour faire pointer app.exemple.fr directement vers le VPS, créez :
| Type | Nom | Valeur |
|---|---|---|
| A | app | 192.0.2.10 |
Pour api.exemple.fr :
| Type | Nom | Valeur |
|---|---|---|
| A | api | 192.0.2.10 |
Plusieurs sous-domaines peuvent pointer vers la même adresse IP :
exemple.fr → 192.0.2.10
www.exemple.fr → 192.0.2.10
app.exemple.fr → 192.0.2.10
api.exemple.fr → 192.0.2.10
Nginx détermine ensuite quel site ou service doit répondre grâce au nom demandé par le navigateur.
Vous pouvez aussi créer un alias :
app CNAME exemple.fr
Utilisez un CNAME lorsque le sous-domaine doit suivre la cible d’un autre nom. Utilisez un A lorsque vous souhaitez contrôler directement son adresse IPv4.
Si une adresse IPv6 est disponible et fonctionnelle, vous pouvez ajouter l’équivalent AAAA :
| Type | Nom | Valeur |
|---|---|---|
| AAAA | app | 2001:db8::10 |
Comprendre la propagation DNS et le TTL
Une modification DNS n’est pas nécessairement visible immédiatement partout. Les résolveurs DNS conservent les anciennes réponses en cache pendant une durée déterminée par le TTL.
Le TTL, ou Time To Live, indique combien de temps une réponse peut être mise en cache avant d’être vérifiée à nouveau.
Lors d’un changement, certains utilisateurs peuvent donc obtenir :
Ancienne adresse IP
alors que d’autres reçoivent déjà :
Nouvelle adresse IP
Le délai réel dépend notamment :
- du TTL précédemment publié ;
- des caches des résolveurs ;
- de la mise à jour des serveurs autoritaires ;
- du fournisseur DNS ;
- du réseau utilisé par le visiteur.
Il n’existe pas de délai universel à garantir. La modification peut être visible rapidement chez certains résolveurs et plus tard chez d’autres.
Avant une migration planifiée, vous pouvez réduire le TTL suffisamment tôt. Les caches commenceront alors à conserver les réponses pendant moins longtemps. Après la migration, remontez-le à une valeur adaptée à votre usage.
Réduire le TTL après avoir changé l’adresse IP n’efface pas les réponses déjà mises en cache avec l’ancienne valeur.
Vérifier que le domaine pointe vers le VPS
Après avoir enregistré les modifications, interrogez le DNS depuis votre ordinateur.
Vérifier avec dig
Sous Linux ou macOS :
dig exemple.fr
Pour afficher uniquement l’adresse retournée :
dig +short exemple.fr
Vérifiez l’enregistrement A :
dig A exemple.fr
Vérifiez l’IPv6 :
dig AAAA exemple.fr
Vérifiez le sous-domaine :
dig +short app.exemple.fr
L’adresse obtenue doit correspondre à celle du VPS.
Vous pouvez aussi interroger directement un résolveur précis :
dig @1.1.1.1 exemple.fr
Vérifier avec nslookup
Sous Windows, Linux ou macOS lorsque l’outil est installé :
nslookup exemple.fr
Pour demander un type précis sous Windows :
nslookup -type=A exemple.fr
Pour l’IPv6 :
nslookup -type=AAAA exemple.fr
Vérifier avec ping
Vous pouvez observer l’adresse résolue avec :
ping exemple.fr
Cependant, l’absence de réponse ne prouve pas que le DNS est incorrect. Le serveur ou son pare-feu peut bloquer les requêtes ICMP.
Utilisez donc principalement dig ou nslookup pour vérifier le DNS.
Si le mauvais résultat persiste, contrôlez :
- les serveurs de noms du domaine ;
- la zone DNS réellement active ;
- le nom saisi dans l’enregistrement ;
- l’adresse IP enregistrée ;
- l’existence d’un ancien A, AAAA ou CNAME ;
- le TTL et les caches.
Servir le domaine avec Nginx et activer HTTPS
Le DNS indique uniquement où se trouve le VPS. Il ne configure pas automatiquement le site ou l’application.
Votre serveur web doit être configuré pour reconnaître le domaine :
server {
listen 80;
listen [::]:80;
server_name exemple.fr www.exemple.fr;
root /var/www/exemple.fr;
index index.html;
}
Pour une application :
server {
listen 80;
server_name app.exemple.fr;
location / {
proxy_pass http://127.0.0.1:3000;
}
}
Testez toujours la configuration avant de la recharger :
sudo nginx -t
sudo systemctl reload nginx
Le guide pour installer Nginx sur un VPS explique comment servir un site statique ou configurer un reverse proxy.
Lorsque le domaine répond correctement en HTTP, ajoutez un certificat TLS avec une solution comme Let’s Encrypt afin de passer en HTTPS. Vérifiez également que les ports 80 et 443 sont autorisés dans le pare-feu.
Des sauvegardes automatiques sont incluses pour vous aider à restaurer. Conservez aussi vos propres exports réguliers : vous restez responsable de vos données.
En résumé
- Relier un domaine à un VPS consiste à faire pointer ses enregistrements DNS vers l’adresse IP du serveur.
- La zone DNS peut être gérée par le registrar ou par un hébergeur DNS distinct.
- Utilisez un enregistrement A pour l’adresse IPv4.
- Ajoutez un AAAA uniquement si l’IPv6 du VPS fonctionne réellement.
- Utilisez
@pour le domaine racine lorsque l’interface le prévoit. - Créez un A ou un CNAME pour
www. - Ajoutez des enregistrements distincts pour
app,apiou les autres sous-domaines. - Ne configurez pas simultanément un CNAME et un A ou AAAA sur le même nom.
- Le TTL contrôle la durée de mise en cache des réponses DNS.
- Ne promettez pas un délai exact de propagation : il dépend des caches et des résolveurs.
- Vérifiez les réponses avec
digounslookup. - Configurez ensuite Nginx pour reconnaître le domaine et ajoutez HTTPS.
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